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        ÉVANOUI DANS LA NATURE

Comme vous avez pu vous en rendre compte avec étonnement le site d’André a disparu des écrans pour d’obscures raisons qui m’échappent. Il devrait réapparaitre bientôt sous une forme ou sous une autre.
Je le répète encore, la « toile » reste quasiment le seul lien pour l’amateur et sa passion. La plus part du temps le profil de l’amateur est celui d’un travailleur indépendant qui ne reçoit les ordres de personne, ce qui lui laisse une grande liberté dans ses décisions pour la conception de son réseau et le choix des modèles qui vont y rouler. Ce qui ne l’empêche pas d’aller visiter les sites comme celui d’André, histoire d’y picorer quelques idées et de rêver un peu.
Bien sûr les clubs existent et présentent des avantages et des défauts. Pour bien fonctionner il leur faut une véritable « locomotive », autorité présidentielle fédératrice écoutée et des membres qui respectent les règles les plus élémentaires de la Démocratie pour éviter des campagnes de déstabilisation provoquée par un ou deux ambitieux et leurs affidés voulant la place du calife. Cet état de fait amène souvent au dysfonctionnement et à la dissolution du groupe. C’est un réflexe de tribu gauloise que l’on trimbale parfois dans nos gènes depuis des siècles. On peut le regretter.
Les sites comme celui d’André établissent des liens très particuliers avec les amateurs. Non seulement  sa visite fréquente est intéressante puisqu’il est remis à jour quotidiennement mais encore parce que le visiteur aimerait connaître le personnage et son réseau. Les vacances sont alors l’occasion d’aller lui dire bonjour (sur rendez-vous) et admirer son splendide réseau Est de l’époque III et de parler avec lui de…trains !
C’est l’œuvre de sa vie même s’il l’a refait il y a quelques années, ce qui nécessitait une bonne dose de courage que je n’aurais pas eu. Comme devant tout réseau il y a des leçons à en tirer. De voir les trains obéirent aux annonces en un temps réduit peut interpeller le visiteur et l’amener à poser de nombreuses questions à son concepteur. Je serais curieux de savoir combien de visiteurs une fois rentrés chez eux inspirés par sa visite ont  modifié leur réseau ou se sont lancés dans la grande aventure.
A ma grande surprise André vient de m’avertir de l’ouverture du site le 28 décembre (1). Le pessimisme  s’estompe. Ouf. Il faudra s’habituer à sa nouvelle présentation plus épurée bien plus moderne, simple et à la portée de tout le monde. Le soir même il y avait déjà plus d’une centaine de visiteurs.
  Je me risque donc en cette période incertaine à vous adresser tous mes vœux de bonheur et de santé pour cette nouvelle année qui commence. Je formule les mêmes vœux à l’adresse de votre famille, de votre entourage. Plein de réussite dans votre profession, votre retraite, vos passions, tout en sachant que tous ses vœux ne se réaliseront pas tous, hélas…
Vive 2017.

1)    André m’avait dit à sa fermeture qu’il comptait en ouvrir un nouveau au début de l’année.

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mercredi 30 novembre 2016

PETITE MESSE ET GRAND-MESSE

Novembre, décembre et l’approche des Fêtes entrainent une recrudescence des expositions de modèles réduits ferroviaires. Il suffit de parcourir les dernières pages des revues pour constater leurs enchaînements ou leurs carambolages. Certains diront qu’il y en a presque trop, ce sont les mêmes qui se plaignaient naguère de la raréfaction de ce genre de manifestations. Le monde n’est jamais content.
Ne critiquons pas cette abondance même si parfois les dates se neutralisent en se suivant de trop près. Est-ce fortuit, prémédité, par calcul ? Je n’en sais rien. On ne force personne à fréquenter toutes les expos. Il faut se rendre à l’évidence ces réunions sont désormais le seul moyen pour les amateurs de pouvoir confronter, échanger (1) des idées et des astuces avec leurs semblables et les artisans présents. C’est l’occasion de voir dans les vitrines des exposants les modèles annoncés et traités par les Revues les mois précédents. Elles deviennent presque l’unique lien. Les magasins se raréfient et ferment sans espoir d’un successeur, les forums du Net, quelque soit le thème recherché, remplissent mal leur mission. L’anonymat favorise les critiques acerbes et souvent imméritées, c’est l’envol des injures. Les débiles, les lâches se défoulent et les incompétents « bavassent » et encombrent sans raison. Ce sont souvent les mêmes. Il est difficile de faire le tri.

Je me suis rendu en voiture… en pèlerinage à Chartres le vendredi pour la première messe d’automne. J’avais consulté son plan et constaté la diminution notable des surfaces
consacrées aux réseaux qui étaient en bien petit nombre. La « Galerie des Essarts » s’était allongée d’un bon tiers depuis l’année dernière en reproduisant la gare de Viviers-le-Lac. C’était encore plus beau et les convois se succédaient à un bon rythme. A mon sens ce réseau a sauvé l’expo de la monotonie. Malgré la délocalisation, la disposition des stands étant à peu près celle de l’année dernière, on n’était guère désorienté. Il n’y avait ni Roco, ni Märklin, ni Voies Ferrées.
Muni de ma petite liste j’ai d’abord parcouru les allées pour faire mes courses. De ce coté là aucune surprise. Les mêmes artisans, les mêmes marques. REE présentait la rame du record du monde de 1955 avec l’extrémité de la CC 7107 carénée pour épouser celle de la première voiture. Les trois sont des DEV AO courtes à jupes totales. La troisième a bien sûr son extrémité ovoïde. C’est une rame destinée à la vitrine incapable de prendre les courbes d’un réseau de moins de 60 de rayon (2). On ne peut pas tout avoir.
Il y avait également le proto de la 141 E ex PLM qui plaira à beaucoup, surtout lorsqu’elle aura un tender à 3 essieux. Autre pièce de choix chez Lematec, la rame Rae II TEE des CFF à 5 caisses. Absolument superbe. Il ne manque rien. La motrice centrale n’a pas sa caisse échancrée, pas plus que les voitures. L’éclairage intérieur avec les petites lampes du WR s’allument comme le couloir de la motrice. Je n’ai malheureusement pas pu observer le bar TEE qui n’existe plus sur la rame survivante, visible aux Festivités du TBG. La rame vaudrait dans les 4600 € sans la sixième voiture (coach) ! Chez LS Modeles des promesses comme tous les ans pour l’année suivante, la santé semble revenir doucement mais tout est très cher. Chez Hornby il y avait les 141 TA, entièrement nouvelles qui n’arrivent pas à me surprendre (3). Après sa sortie l’avenir de Jouef est sombre. Est-ce le chant du cygne ? Je suis reparti tôt, déçu et frustré par la pauvreté en réseaux.

La semaine suivante j’étais à Orléans comme à chaque fois. Une grande exposition plus réussie que l’édition 2014 trop orientée sur le N. Un nombre impressionnant de réseaux à toutes les échelles traitant de thèmes variés et originaux, des longs trains US dans le désert de l’Ouest (N), jusqu’à de mini dioramas en passant par l’inévitable petite gare de campagne (Hauteville) justifiant l’arrêt d’un FNC. Ma préférence a été aux grandes circulations réalistes, on ne se refait pas. J’ai été comblé avec un grand réseau de la « ligne impériale » où circulait une rame quasi complète du Mistral 56, croisant un train de marchandises avec une UM de BB 8100 dont les pantographes touchant la caténaire crachaient des arcs électriques très réalistes (4). Des décors très soignés et magnifiquement traités. MiniWorld était là pour se faire de la pub avec un décor urbain où fourmillaient de nombreuses scénettes prises sur le vif. Le tout présenté par un grand logorrhéique sympathique. Les revues étaient là, comme toujours en service restreint. Voies Ferrées avait fait le déplacement, le prochain numéro devrait sortir sous peu, ouf !
Jouef-Hornby présentait encore ses 141 TA. Pourquoi persiste-t-on à exposer tous ces modèles dans des vitrines aussi mal éclairées ? Remarque valable pour presque tous les exposants y compris REE et ses belles productions. Une étonnante Shay au 1/7 construite en Meccano m’a époustouflé avec les bruits, la fumée, son embiellage latéral et vertical. Ca devient une habitude avec les « dingues » du Meccano. Je suis resté longtemps devant ces merveilles, comme le métro aérien de Château-Neuf-sur-Loire et la grue de relevage. Seront-elles démontées une fois la messe dite ?
Bien sûr ce sont les réseaux en activité qui ont exercé une véritable fascination justifiée. Il y avait beaucoup de monde venu parfois de loin pour admirer et voir vivre tout cela.
Une grande exposition avec des stands, Miniature Passion, Mécanic Train pris d’assaut, preuve qu’il y a encore des amateurs qui bricolent, situation identique chez Iprod pour les mêmes raisons. L’impression 3D semble marquer le pas auprès des amateurs. Est-ce la fragilité des pièces qui rebute ? C’est mon...impression ! La foule était dense dans les allées et les différents halls. A la fin de la journée on était rassasié mais pas lassé par cet étalage aussi foisonnant que bruyant.
Dans cette ambiance j’ai chaque fois une pensée pour les professionnels qui à une semaine d’intervalle et souvent à longueur d’année doivent ingurgiter les mêmes fadaises de la part de visiteurs neuneus dont je fais partie. Il y a les bavards qui ne le lâchent plus leur interlocuteur, le gars qui sait tout et le plus souvent ne sait rien. Le mécontent de service, le satisfait. C’est le Salon des doléances, des petits pas fatigants, des sacs à dos qui bousculent tout le monde. On piétine sur place et gare aux varices !

Eh oui le gros du bataillon des visiteurs avait un certain âge.
C’est un constat inquiétant pour l’avenir de ce hobby. On l’a dit, les liens avec les magasins des détaillants s’effilochent. On ne voit pas de jeunes dans les allées ou si peu malgré ce 11 novembre férié. Deux gares ont retenu mon attention, celle de ma jeunesse, Blois, dans son état actuel. La vue du quai sous la marquise en direction de Tours est troublante mais hélas sans la caténaire. J’ai attendu en vain le passage du « Drapeau » et puis celle d’Etampes reproduisant la Mobilisation en juillet 1914. Bizarrement pas un diorama sur la clairière de Rethondes rappelant la signature de l’Armistice dans le 2419 D (5). C’était il y a quatre-vingt-dix-huit ans… Décidemment tout se perd.
Pour attirer les foules et susciter des envies, il faut inviter des réseaux pour voir des trains rouler, comme en vrai. Ils font le bonheur de l’importante cohorte des photographes prenant à tire-larigot des vidéos de ce qui les émerveille. Seront-elles visionnées le soir à la veillée ? C’est une autre question.
Les leçons de l’expo 2014 ont dû être tirées car celle-ci fut pleinement réussie.
Cette fête du Modélisme ferroviaire a été une véritable grand-messe avec ses fidèles vieillissants comme il en reste encore un peu dans les églises. Les jeunes catéchumènes ferroviaires sont rares. L’Informatique fait des ravages auprès des nouvelles générations.
C’est bien la crise des vocations. Amen.

1) Je préfère échanger à partager, mot dans l’air du temps employé à tort et à travers par n’importe qui pour n’importe quoi. Ca pose son homme. Jadis connotation religieuse.
2) A cause des jupes longues empêchant la rotation des bogies et des soufflets rigides spécifiques. Il y en a deux sortes.
3) Elles sont belles mais ont déjà été traitées Jouef. Les kits Railway associés au moteur RSF pouvaient les améliorer considérablement. Alors les amateurs seront-ils aussi nombreux ?
4) Il est rarissime de voir des réseaux d’exposition avec les pantographes des locos frottant à la caténaire. Pas même sur celui de « la Bosse », pourtant si réaliste.
5) Voiture reproduite en son temps par Lilliput et Pocher. Voiture archi connue grâce aux numéros spéciaux de l’Illustration de nos grands parents !

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